5 septembre 2017

L'exemple des trois gardes

Thief, Eidos Montréal, Square Enix, 2014

  C'est un petit jeu que j'aime bien, et que je fais circuler.
  Imagine que t'es dans un univers medfan. Face à toi, t'as trois gardes. Prends trente secondes pour les imaginer. Tu dois pouvoir me les décrire.

  C'est bon, tu vois à quoi y ressemblent ?
  Maintenant, je vais te poser trois questions.
  Combien sont des hommes ?
  Combien sont des blancs ?
  Combien sont valides ?

  Ça calme, hein ? Cherche pas d'excuses. Accepte. Comme j'ai fait moi quand j'ai inventé ce jeu. Mes trois gardes sont des hommes, blancs et valides. Est-ce que ça veut dire que je suis sexiste, raciste, handiphobe ? Oui, mais ça veut pas dire que je peux pas faire l'effort de changer.
  Comme toi, je m'imagine un mec ouvert. Et pourtant. Être raciste, c'est pas seulement insulter les noirs, les arabes ou les asiates. C'est pas seulement les regarder en biais, leur refuser un job ou une entrée en boîte. C'est aussi les invisibiliser, refuser d'accepter qu'on fait tout pour pas les voir, inconsciemment.

5 commentaires:

Unknown a dit…

Bonjour ! :)

Une corrélation n'est pas forcément une causalité.

Je suis en situation de handicap depuis ma naissance et j'ai une reconnaissance de mobilité réduite de 80%. J'ai imaginé des gardes valides et pourtant je ne suis ni validiste, ni handiphobe. -.^

https://sciencetonnante.wordpress.com/2017/11/24/tous-racistes-les-biais-implicites/

Bonne fin de journée !

Julien Guibert a dit…

Appartenir à un groupe opprimé ne protège pas des oppressions contre soi-même. Tu as certainement entendu parler du racisme intériorisé, du sexisme intériorisé, de l'homophobie intériorisée, du validisme intériorisé etc.
Une femme qui imagine seulement les gardes comme des hommes, parce que, pour elle, une femme ne peut pas être garde en tant que femme, fait du sexisme intériorisé.
Qu'est-ce qui empêche un borgne, un manchot ou un unijambiste d'être garde ? Surtout dans un métier où les accidents du travail sont fréquents et peuvent facilement handicaper.

Unknown a dit…

Ah cool ! Vous m'avez répondu ! Merci ! J'en profite pour vous exprimer mes remerciements pour la création de votre jeu ! Je me le suis procuré à sa sortie ! :D

Oui j'en ai entendu parler. :)

Mon intervention a certainement été maladroite, je m'en excuse. C'est la forme de votre article que je trouve gênante, pas le fond.

Étant sur un blog consultable par tous, je pars du principe que l'article se veut sensibilisant voir peut-être (vue sa forme) militant.

Je pense que piéger le lecteur en le faisant jouer à un jeu qui le mènera à un jugement rapide, arbitraire et binaire ne sert par le but de sa rédaction.

Il y a de fortes chances pour qu'une partie non négligeable des lecteurs se vexe, se défende agressivement et nie tout en bloc.

Cette partie, la moins ouverte d'esprit dirons nous, est souvent très bruyante. C'est celle que l'on voit le plus et celle qu'on entend le plus et celle qui a (à mon sens) un pouvoir destructeur trop dangereux.

C'est pour ça que je pense qu'il aurait fallu développer plus largement les mécanismes de fonctionnement une fois l'expérience du jeu terminée.

Voilà, voilà, je ne vais pas vous casser les pieds plus longtemps. Je vois bien qu'on est du même côté. :)

Passez une bonne soirée ! ^^

Julien Guibert a dit…

C'est vrai, tu as raison.
Mon article est certainement trop court et provocateur, j'en conviens.
Il est très difficile de parler du racisme, du sexisme, de l'homophobie ou du validisme invisible.
Aujourd'hui, tout le monde se rend compte qu'une insulte raciste est raciste.
Les gens se rendent moins facilement compte qu'en proposant des univers où les noirs et les asiates n'existent pas, où les femmes sont soumises aux hommes on perpétue des préjugés raciste et sexistes.
Le changement ne peut être que volontaire.

Unknown a dit…

Oui... :/ Mais les mentalités évoluent quand-même, doucement mais surement ! :)

Enregistrer un commentaire