19 septembre 2017

Mise au point

Rob Thomas & Diane Ruggiero-Wright, iZombie,
saison 3, épisode 9, The CW, 2017.

  J'ai besoin de faire le point de temps en temps. Tous les rôlistes ont leurs propres concepts, qui évoluent avec le temps. Je vais te donner les miens, ce sera plus facile pour comprendre ce que je dis. Pour me situer, dis-toi que je préfère le jeu de rôle tradi, mais que j'aime bien faire des expériences ludiques, du jeu indé, histoire de pas tomber dans la routine, donc tradi mais pas tant que ça.
  Je fais l'effort de te tutoyer et d'employer des termes simples. Je suis littéraire, on m'a appris tout le contraire dans mes études, mais je trouve ça inutile. Si c'est pour être uniquement compris par les littéraires, je vois pas l'intérêt.
  Aujourd'hui, ce qui m'intéresse, c'est la partie, ce qui se passe autour de la table de jeu. Du coup, je distingue ce qui se fait en partie et hors-partie. Les bouquins de jeu, les scénars, les comptes rendus de partie, c'est du hors-partie.
  En partie, on a le jeu, les héros, le cadre, l'intrigue et de système.
  Le jeu, c'est ce qui se passe dans la partie. Dans une partie, il devrait pas y avoir de hors-jeu, ou de méta-jeu comme on dit, mais j'aime pas le terme. Pourtant, le hors-jeu est nécessaire, que ce soit pour décompresser, pour se faire expliquer un point de règle ou un détail qu'on a pas compris ou pour expliquer un truc à quelqu'un.
  Les héros, c'est ce que t'appelles sûrement les PJs. Pour moi, c'est des héros, au sens de "personnages principaux", pas au sens de "personnages hors du commun". Je les appelle les héros, parce que tout tourne autour d'eux. Sans eux, pas de partie possible, ou pas dans le sens tradi.
  Le cadre, c'est ce qu'il y a autour des héros, leur espace-temps à eux. On parle souvent de monde, d'univers, de diégèse, mais c'est pas tout à fait pareil. Pour moi, les héros sont au cœur de la partie, et le cadre se limite à eux. Le monde ou l'univers existe uniquement dans le bouquin de jeu, et ça m'intéresse pas. Le cadre varie d'une table de joueurs à l'autre. On a joué au même jeu, dans le même univers, mais pas dans le même cadre. On a son espace-temps à soi avec les personnages qu'on a croisés et les lieux qu'on a visités. La diégèse alors ? Naaan. D'abord, c'est un mot compliqué. Ensuite, ça suppose qu'il existe un récit, et une partie n'est pas un récit. Le récit, c'est ce qu'on se fait après la partie, dans sa tête ou dans un compte rendu, quand on essaie de donner un sens à ce qui s'est passé pendant la partie. Et là, on est hors partie, et ça m'intéresse plus.
  L'intrigue, c'est ce qui arrive aux héros, les évènements qu'ils ont vécus et dont ils ont été témoins. Et, comme aucun joueur n'a une mémoire absolue, une partie de l'intrigue nous échappe toujours. C'est pas plus mal. On oublie les évènements mineurs. Le meneur apprend aussi à minorer les évènements qui n'ont pas l'air d'intéresser les joueurs.
  Le système, c'est le système de résolution d'action, qui comprend nécessairement une partie de la création des héros. Je ne dis pas "les règles", parce que pour moi, il y a plein de règles qu'on respecte dans une partie : des règles sociales, des règles de jeu, des règles qui définissent le cadre, et bien évidemment des règles dans le système de résolution.

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